Messagier Matthieu

Les Transfigurations

[...]

Pour un seul lakota qui prévient les écrans

roulement de caisse de cirque entre la montre et l'heure ;

n'est que le rite de "dis-donc grand-petit-cincle

t'as paumé ton sang et toutes tes humeurs

sur les vitres inconduites des ramages infectieux

de la vie de la raison, de la mort des feuilles de hièble".

Les guillemets (Narval moral) truc étrange,

sorte de couverture anti-quelque chose,

mort du dialogue, séparation incongrue

et un pic habilla par une fenêtre la fenêtre

d'une sinistre villa bourgeoise et croisillée

un chien de neige aux intenses reflets de non-neige

tellement les méthodes voulaient intervenir

et oui eh bien si bien qu'à la fin la réponse

des collines au fond ne renvoyèrent en rien

oui en rien au pelage hiberné de plaisir ;

incongrue d'avec celles et ceux qui le parlent,

corridor prends garde, Mister Jourdain il

qui fait de la prose sans le savoir, moi la poésie

c'est pareil ; [...]   (pp.24-25)

 

En voyage

(avec ma gamelle et ma charrette).

La lisière des aubes transfigure la lisière des aubes

et, le dos tourné à la maladie, la tête aux

firmaments, le coeur aux flots incandescents

de la voie des vaux clairs, à l'initiale de planète, qui parfois se voit dans la bouche bée des programmes

et des magazines, chemises in armoire,

double jeu autour, pas de la métaphore

de l'odorant cyprinidé, le matin verse un

peu de café dans ma gamelle ou plutôt il le

transvase judicieusement de la pointe

de l'aurore à la caresse des temps anciens.

La charrette brinquebale, mais non, ça va,

la gamelle vibre des chants d'étoiles encore inconnues.    (p.29)

 

Matthieu Messagier, Les Transfigurations, Le Castor Astral, 2004

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