Gellé Albane

L'air libre

Le chant des bêtes les cris des hommes sous un bout de ciel rose que les nuages ont épargné ce soir une cigarette a suffi à me faire marcher de travers dehors je songe au verbe suffire je me demande s'il finira par s'user si je l'utilise trop je me demande si tout s'use et quelle force il faut déployer pour aller contre et si c'est à cause de ça que les hommes crient (p.9)

 

Il y a toujours dans la nuit un homme qui ne dort pas qui regarde le ciel ou ne regarde rien un homme épargné par tout ce noir qui ronge un homme n'importe qui un homme qui se sent plus vivant que le jour et la nuit réunis cet homme est déjà mort ou n'est pas encore né peu importe il est assis par terre et ne demande rien (p.15)

 

Albane Gellé, L'Air libre, le dé bleu, 2002

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