Estager Jacques

Je ne suis plus l'absente

« C'est re-moi
serre-moi
bien dans tes bras », il dit et la terre
                                           tourna la terre au
                                           soleil et il pleura
                                           pas sur elle pas
                                           venue, sur ses bras



« bonjour c’est moi laisse-moi faire deux gestes de 
mes mains à tes cheveux le vent m’a décoiffé et les 
feuilles d’arbres ont fouetté ma chevelure respire sur 
ma joue le printemps et embrasse-moi le soleil m’a 
sacré roi du soleil et de la pluie et du temps »



elle met
son museau sur le sol sa tête sur
sa patte à sa patte jointe et dort



elle met
ses mains sur les ronces
dehors les maisons, jaunes
font un tour, l’été, dans le vent


à côté du ciel il n’y a plus personne, entre les 
chaumes, dans les soirs à genoux, embués et illuminés
entre les arbres ; la goutte, elle, de ciel, ne fut jamais 
respirée, ciel encore, un pas dans un pas, sur le 
chemin et c’est dans une autre histoire, dit-elle. Et à 
l’envers, encore il n’y a plus que la chute des miettes 
d’or, de sable, de pain, d’air, - l’endroit reste pur, 
sans lieux, sans fautes, inexploré ?



Jacques Estager, Je ne suis plus l'absente, Éditions Lanskine, pp.13-14


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