Dreyfus Ariane

Les Miettes de décembre

     Nous devrions être une prairie, baiser au sol et sage sous le ciel immense. Criblée de réponses au printemps : pissenlits, pâquerettes, véroniques et trèfles, aussi vite refleuries qu'arrachées, jetées - "ce vase ne va pas !" - ratissées puis ressurgies, tiges tendues en hâte de grandir leur nombre immortel.

 

 

Nous n'aurons sur terre qu'un visage

Nous le tendons sans repos aux autres

qui ne voient que lui en nous mais leurs yeux

le dévorent vers nous. Affamés et plein.

Lui pour l'éternité même mort.

Ne nous retirez pas le ciel

 

Qui changeant sans sortir de lui,

Nous dit où l'âme respire dans un corps.

 

Ariane Dreyfus, Les Miettes de décembre, La belle dérangère / le dé bleu, 1997, (p.93, dernière page du recueil)

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