Les Troubadours

       

Les troubadours

   Pendant mon séjour en terre occitane, une lecture de circonstance s'est imposée : Les Troubadours, Une histoire poétique de Michel Zink (Éd. Perrin, 2013).

          Je reprends ici le propos de l'auteur en quatrième de couverture :

       
   "Les troubadours sont, au XIIe siècle, les auteurs des plus anciennes chansons d'amour composées en langue d'oc, l'une des langues nouvelles qui dans le sud de l'Europe se sont substituées au latin. Leurs poèmes sont si beaux qu'ils ont modelé jusqu'à nos jours les formes et le langage de l'amour.

          "J'ai voulu dans ce livre les faire aimer autant que je les aime, faire sentir tout ce que leurs chansons recèlent de sophistication et de simplicité, de séduction et de profondeur. Comment rendre proche, immédiatement accessible, immédiatement savoureuse, une poésie d'amour vieille de neuf siècles, écrite dans une langue ancienne et à demi étrangère, parfois volontairement obscure et produite par une civilisation désormais si loin de nous ?

          "Ce livre se veut une histoire poétique des troubadours. Il tente de rendre à leur poésie sa fraîcheur en la suivant dans ses méandres, en disant au fil des chansons et à propos de chacune juste ce qu'il faut pour qu'elle nous parle, pour que sa subtilité apparaisse, pour que ses allusions s'éclairent, qu'elle nous enchante et qu'elle vive en nous." 

       Michel Zink

EXTRAITS :

"... sos cors es bels e bos                    ... son corps est beau, parfait

E blancs sotz la vestidura                 Et si blanc sous ses vêtements

(Eu non o dic mas per cuda),           (Je ne le dis que par supposition)

Que la neus, can ilh es nuda,           Que la neige, quand elle est nue,

Par vas lei brun'et escura.                  Semble à côté d'elle brune et obscure."   BERNARD de VENTADOUR

         "Quelle insistance dans ce besoin d'employer nuda, et de le faire venir à la rime avec cuda, comme pour démentir la prudence de la supposition par la brutalité de l'imgination !  Mais l'excès même de la blancheur rend ce corps nu invisible. Comment se le représenter, ce corps si blanc que la neige à côté paraît brune et obscure ? Comment se le représenter, alors qu'il n'est rien d'autre qu'un éblouissement ?", p.223.

"Can vei la lauzeta mover                    Quand je vois l'alouette agiter

De joi sas alas contra-l rai,               De joie ses ailes face au rayon de soleil,

Que s'oblid' e.s laissa chazer            Puis s'oublier elle-même et se laisser tomber

Per doussor c'al cor li vai,                  À cause de la douceur qui lui vient au coeur,

Ai ! tan grans enveya m'en ve           Hélas quelle envie me vient

De cui qu'eu veya jauzion,                  De quiconque je vois jouissant !

Maravilhas ai, car desse                    Je m'étonne qu'à l'instant

Lo cor de dezirer no-m fon.                Mon coeur ne fonde de désir."   BERNARD de VENTADOUR

          "L'accumulation des éléments habituels de l'incipit printanier y est remplacée par cette image épurée, unique, de l'alouette à contre-jour, dans un rayon de soleil. À peine une image (on voit mal à contre-jour, et l'alouette est si petite - un point face au soleil), mais plutôt une sorte de représentation presque abstraite du mouvement." pp.247-248.

          Un ouvrage que j'ai beaucoup aimé, qui m'a intéressée et touchée.

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