Les porteurs de multitude et l'intarissable

          André du Bouchet, répondant à une question d'Alain Veinstein, pour l'émission Surpris par la nuit, diffusée le 20 novembre 2000 sur France-Culture :

          "La poésie, alors, vous pensez qu'elle a un rôle à jouer ou qu'elle est définitivement menacée ?

          - Elle n'a jamais eu de rôle, justement, et c'est ce qui en fait de la poésie, mais c'est la forme de communication singulière qui est la seule, je crois, réelle. Le fait de ne pas parler pour les autres, dans le langage des autres, fait que, de temps en temps, un autre est atteint réellement. Est réellement touché. Ce qu'on écrit pour soi atteint un soi qui est autre. Alors il y a quelque chose d'extraordinaire qui peut se passer, qui est hors, bien sûr, de la forme de pseudo-communication journalière qui est à l'oeuvre lorsqu'on se précipite, et moi-même du reste, sur un journal, qui est oublié le lendemain, et qu'on ne relit jamais. Il y a, dans la poésie, une forme de communication qui est intarissable, qu'on peut relire indéfiniment, et les quelques-uns qui le font sont des porteurs de multitude. Ce n'est pas dénombrable." 

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