La poésie au Salon Nau Belles Rencontres 2014

 CE QUI RESTE

En quête de poésie, visite guidée de quelques stands du Salon avec, pour fil d'Ariane, des phrases empruntées à l'un des "feux follets" des Éditions L'escarbille, CE QUI RESTE, de Jean-Paul A. (Et d'un clic sur les noms en noir et en gras, le lien emmène au-delà...)

 "Jamais il ne pourrait laisser s'éteindre ces noms, ses titres. Jeanne, Basile, Massue, Anne, Kostas, Djamila, Tristan, Glögg et tous les autres.

 Il les défendrait tous, jusqu'à la fin." (p.11)

         

Dsc01146

            L'escarbille publie des premiers romans et nouvelles. Parcourir le Salon de la Petite Édition Nau Belles Rencontres qui s'est tenu le week-end dernier au Pouliguen  en compagnie d'un ouvrage de cet éditeur , c'est faire le choix de l'écriture. C'est d'ailleurs chez cet éditeur que Jean-François Dubois a fait paraître des extraits de ses Carnets en 2005, Il y a toujours un chien qui court sur une plage, comme autant  d'instantanés poétiques en prose.

Migrante est 1


         
 Sur le stand des Éditions
Cénomane, un très beau livre,  Migrante est ma demeure. Composée de trois recueils, la trilogie de Nils-Aslak Valkeapää, a été traduite du same du Nord par M.M. Jocelyne Fernandez-Vest et publiée en 2008 par Cénomane. Le texte des poèmes est accompagné par des illustrations de l'auteur et la partition de Pehr Henrik Nordgren fidèle en cela à la tradition orale sur laquelle l'œuvre repose. Un poète est un nomade, il rejoint les peuple des longues migrations ancestrales sur les steppes, dans le vent et l'hiver de neige et de nuit...


          "Les flammes murmuraient à son oreille attentive la voix des choses et tous les secrets du monde." (p.14)

                Abondance d'ouvrages de poésie sur le stand des éditions Esperluète.

Ed l esperluette

Ils associent tous le travail d'écrivains et de plasticiens. La richesse du catalogue, l'émotion née de la rencontre entre la justesse, la beauté des textes et la grâce, le souffle de l'oeuvre plastique laisse à chaque fois bouleversé. On repart avec ces miracles : ces feuillets légers de 10,5 x 20 cm, un poème ou un texte bref, et une gravure, des monotypes, des dessins, des lithographies... La nuit je cherche l'eau d'Anne de Roo et Dominique Van den Bregh, Le violon de Soutter, de Pierre Furlan et Alain Petre, Cinéma, de Frédérique Dolphijn et Loren Capelli, Les oiseaux de Messiaen de Nicole Malinconi et Mélanie Berger. ..   

 "Il ne s'est rien passé. Pourtant, toujours silencieuse, la phrase couve." (p.21)

         

Ed l attente

    Un autre stand où s'attarder : celui des éditions de l'Attente. Des livres comme autant de vitamines, des concentré d'énergie. Chacun est une petite machine à faire danser la langue, et se prête joyeusement, férocement au jeu, s'ébouriffe, s'éclate, se constelle. Des dix premières années d'existence de cette maison qui proposait les textes d'auteurs par le biais des revues et de la micro-édition en reprographie, il reste toujours le goût des ouvrages où l'artiste, le graphiste, le maquettiste jouent avec la partition donnée par l'auteur.

      "Elle offre sa cage aux oiseaux à qui la reluque, à qui glapit, à qui frissonne, à qui bande pour elle. À lui aussi, elle la lui offre." (p.25)

          "Insaisissable, rangée au rayon des courants d'air, elle traverse la piste comme la vie sans rien vouloir d'autre." (p.26)

          Une découverte  : aux éditions Elyzad, deux recueils superbes de Tahar Bekri, Au souvenir de Yunus Emre, poète turc soufi du XIIIe siècle et Salam Gaza dont nous reparlerons sur ce site. Les deux ouvrages sont bilingues français / arabe.  Tahar bekri 1Tahar bekri 2

  Une tartine poétique dans l'après-midi du dimanche : La Cabane Compagnie a dit et mis en danse un passage du roman de Catherine YsmalIrène, Nestor et la vérité, (Éditions Quidam, 2013). Cette mise en voix et en espace a fait surgir la force de ce texte en faisant résonner sa musique, son souffle. Quelqu'un, une femme naissait  dans une palpitation  singulière.

"Il écoutait simplement le silence et regardait dans l'âtre ce reste : une escarbille." (p.35)

          Enfin, et pour que brille longtemps cette "escarbille", on peut se laisser gagner par l'improvisation poétique de Franck Pruja qui, samedi soir, au cours de l'apéro-lecture au café Le Mondès, a improvisé, faisant feu de tout bois, à partir d'une note inscrite sur sa table "Le bouillon Kub à dix centimes" et des genres associés aux titres de son catalogue d'éditeur (indifféremment à toute théorie des genres, a-t-il précisé).

LE BOUILLON KUB À DIX CENTIMES 

Là-bas : Ode à la paixFrank pruja

Ou, i : Temps et langage

De l'image : Essai lumineux

L'estomac des poulpes est étonnant : Romance                                                     

rup&rud l'intégrale : Collection particulière     

Praxis : Poésie politique

AVE : Abrégé d'Histoire romaine

La poésie en string : Les dessous de la poésie

Le léopard est mort avec ses taches : Fourrure polymorphe 

Priorité aux canards : Élégie inverse

Bienvenue Monsieur Gutenberg : Récit typographique

Loin : Épopée

L'espion de Dieu : Vision des tendances de la création littéraire                                       

Movimento : Scénarios sans écran

Expansion sans profondeur : Grammaire de propos

L'ombre des mots qui n'ont pas d'ombre : Formules grammairiennes

[...]

Arrête maintenant : Monologues ubiques

(reproduit avec l'aimable autorisation de Frank Pruja)

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